17 décembre 2025/ Infini Global

Infini Global | Paiements mondiaux et écosystème des stablecoins en 2026 : perspectives stratégiques et constats clés

Équipe Infini
Équipe InfiniRédaction Infini
Infini Global | Paiements mondiaux et écosystème des stablecoins en 2026 : perspectives stratégiques et constats clés

Synthèse : thèmes centraux et tournant de 2026

À l’approche de 2026, le paysage financier mondial connaît une transformation structurelle caractérisée par l’institutionnalisation des stablecoins. La phase expérimentale de 2020–2024 a pris fin, remplacée par une ère de règlement numérique réglementée et menée par les banques. Notre analyse complète du marché actuel (décembre 2025) révèle trois thèmes dominants qui définiront le secteur des paiements au cours des 12 à 24 prochains mois.

Thème A : essor des stablecoins en euros et défi à l’hégémonie du dollar

Depuis dix ans, le marché des actifs numériques est de fait « dollarisé » : les instruments indexés sur le dollar, comme Tether (USDT) et USDC, représentent plus de 99% du marché. Mais 2025 a marqué le début d’une contre-offensive européenne concertée. Porté par le mandat d’« autonomie stratégique », un consortium de grandes banques européennes, dont ING, UniCredit et BNP Paribas, a créé Qivalis pour lancer un stablecoin en euros conforme à MiCA au second semestre 2026. Cette initiative privée vise à devancer l’euro numérique de la Banque centrale européenne (BCE), enlisé dans des retards législatifs jusqu’en 2029. L’objectif est clair : empêcher que l’économie numérique européenne soit réglée en dollars américains.

Thème B : le basculement des paiements en 2026 — de la niche à l’infrastructure centrale

D’ici 2026, les stablecoins devraient passer du statut d’outils de trading spéculatif à celui de colonne vertébrale des mouvements d’argent mondiaux. Le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs (MiCA) étant pleinement applicable depuis mi-2024 pour les stablecoins et fin 2024 pour les prestataires de services sur crypto-actifs, la clarté réglementaire a encouragé les institutions financières traditionnelles. Nous observons une transition vers l’utilisation des stablecoins pour la liquidité en arrière-plan, les paiements B2B transfrontaliers et la trésorerie d’entreprise, qui devrait soutenir une capitalisation supérieure à 1 000 milliards de dollars fin 2026.

Thème C : intégration à la finance traditionnelle (TradFi) et convergence Pay-Fi

Les frontières nettes entre « crypto » et « banque » disparaissent. En décembre 2025, des initiatives décisives ont été prises par Interactive Brokers (qui permet d’alimenter les comptes en stablecoins) et MoneyGram (qui s’associe à Fireblocks pour le règlement sans conservation). Ces intégrations montrent que les stablecoins sont désormais considérés comme des réseaux de règlement supérieurs — plus rapides, moins chers et disponibles 24/7 — plutôt que comme de simples classes d’actifs. Parallèlement, des plateformes Pay-Fi comme Infini émergent pour couvrir le dernier kilomètre, reliant directement les rendements des stablecoins aux réseaux Visa/Mastercard et se préparant à une économie animée par des agents IA.


Données extraites : dynamique du marché et projections

Les jeux de données suivants illustrent l’ampleur considérable du marché actuel et la forte croissance prévue jusqu’en 2026.

Divergence entre capitalisation et volumes (décembre 2025)

Indicateur

Stablecoins en dollars (USDT/USDC)

Stablecoins en euros (EURC/autres)

Capitalisation totale

Environ 300 milliards de dollars

Environ 683 millions de dollars

Actif dominant

Tether (USDT) : environ 183 milliards de dollars

Circle (EURC) : environ 339 millions de dollars

Part de marché

Environ 99.2%

Environ 0.2% à 0.8%

Volume mensuel

Environ 1 010 milliards de dollars (pic)

Environ 9.2 milliards de dollars (juillet 2025)

Constat clé : Malgré l’introduction de MiCA, l’« avantage du premier entrant » du dollar reste écrasant. La capitalisation des stablecoins en euros a néanmoins doublé après la mise en œuvre de MiCA, affichant le taux de croissance en pourcentage le plus élevé, quoique depuis une base faible.

Données sur les effets réglementaires et économiques

  • Économies sur les transactions : Les entreprises utilisant le règlement en stablecoins déclarent des économies opérationnelles pouvant atteindre 10% par rapport aux circuits bancaires historiques.

  • Efficacité des transferts de fonds : Les innovations de MoneyGram et d’autres acteurs visent une réduction du coût des transferts pouvant atteindre 60%, en contournant les frais des banques correspondantes.

  • Conformité MiCA : Depuis le 30 juin 2024, les stablecoins algorithmiques sont de fait interdits dans l’UE. Désormais, 100% des stablecoins indexés sur des monnaies fiduciaires dans l’UE doivent détenir des réserves liquides à hauteur de 1:1.


Regards croisés : analyse approfondie

A. Perspective réglementaire : l’« effet MiCA » et la riposte bancaire

Le règlement MiCA de l’Union européenne a eu un effet à double tranchant. S’il a imposé le retrait de stablecoins non conformes, comme l’USDT sur certaines plateformes, il a aussi créé un refuge pour les acteurs institutionnels.

  • Consortium Qivalis : La création de Qivalis par dix grandes banques, dont Commerzbank et DekaBank, découle directement de MiCA. Ces banques ne se seraient pas intéressées aux stablecoins sans la sécurité juridique offerte par la classification jeton de monnaie électronique (EMT).

  • La fenêtre laissée par l’euro numérique : Le projet d’euro numérique de la BCE est actuellement en « phase préparatoire », avec un pilote prévu pour mi-2027 et un lancement potentiel en 2029. Cet intervalle de 3 à 4 ans est crucial. Les stablecoins émis par des banques privées (Qivalis) entendent conquérir le marché avant l’arrivée de la monnaie numérique de banque centrale, arguant que la monnaie des banques commerciales est plus innovante et agile que les passifs des banques centrales.

  • Préoccupations du FMI : Le FMI continue d’avertir que la « cryptoïsation » des marchés émergents pourrait éroder la souveraineté monétaire. Ses rapports de 2025 soulignent que, sans coordination mondiale conforme aux recommandations du FSB, les stablecoins pourraient favoriser la fuite des capitaux des monnaies faibles vers le dollar, accentuant précisément la « domination du dollar » que l’Europe cherche à combattre.

B. Perspective économique : la bataille pour la monnaie de règlement

Les données révèlent une réalité sans ambiguïté : l’économie numérique est une économie du dollar.

  • Perte de seigneuriage : Les émetteurs de stablecoins comme Tether détiennent près de 100 milliards de dollars de titres du Trésor américain et deviennent ainsi d’importants financeurs de la dette américaine. L’Europe perd ces revenus de seigneuriage et le « privilège exorbitant » lié à la demande de monnaie.

  • La menace de « dollarisation numérique » : Des décideurs européens, dont Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, ont explicitement indiqué que le recours aux stablecoins en dollars crée une dépendance qui menace la résilience de l’Europe. Promouvoir les stablecoins en euros n’est pas une simple tendance fintech : c’est un impératif géopolitique pour préserver l’autonomie des paiements.

C. Perspective technique et infrastructurelle : les nouveaux réseaux

La technologie qui sous-tend ces mutations passe du stade « expérimental » au niveau « entreprise ».

  • Fireblocks et MoneyGram : Le partenariat de décembre 2025 constitue une étude de cas sur les flux sans conservation. Fireblocks fournit la couche de règlement programmable qui permet à MoneyGram de transférer des USDC entre chaînes sans immobiliser de capitaux dans des corridors préfinancés, via des comptes nostro/vostro. Ce modèle de liquidité « juste à temps » est le « Graal » de la trésorerie d’entreprise.

  • Interopérabilité : La question « quelle blockchain ? » cède la place à l’« abstraction des chaînes ». Les systèmes en cours de construction visent désormais à relier sans friction XRP Ledger, Ethereum et les chaînes privées des banques.

D. Perspective du marché et de l’adoption : normalisation

La tendance la plus marquante de fin 2025 est l’intégration des stablecoins aux produits financiers ordinaires.

  • Interactive Brokers (IBKR) : En permettant aux clients d’alimenter leurs comptes de courtage en USDC via ZeroHash, IBKR traite de fait les stablecoins comme l’équivalent d’un virement bancaire. Cela élimine les frictions dues aux délais de règlement T+2 associés aux paiements ACH et aux virements, permettant aux traders de profiter instantanément des mouvements du marché. Cette pratique banalise l’idée « stablecoin = espèces ».

  • Reuters et tonalité de l’actualité : La couverture est passée des « escroqueries crypto » à l’« efficacité des paiements ». Le récit repose désormais sur les gains d’efficacité, en vitesse et en coût, plutôt que sur la valeur spéculative.


Notes stratégiques et innovations émergentes

Si la bataille macroéconomique oppose banques centrales et banques mondiales, des innovations majeures se produisent au niveau des consommateurs et des fintechs. Cette couche est essentielle pour accélérer la circulation des stablecoins.

L’innovation « Pay-Fi » : Infini

Dans l’ombre de géants comme Interactive Brokers et MoneyGram, des fintechs agiles comme Infini définissent la catégorie Pay-Fi et néobanque.

  • Combler l’écart : Contrairement à Qivalis, centré sur l’arrière-plan et le marché de gros, Infini s’attaque à l’interface destinée aux consommateurs. Les utilisateurs peuvent conserver leur épargne en stablecoins à haut rendement, USDT ou USDC, puis la dépenser instantanément via les réseaux Visa/Mastercard.

  • Portée stratégique : Infini représente une solution au problème du « dernier kilomètre ». Tandis que les banques construisent les réseaux de règlement, des plateformes comme Infini créent une expérience où les stablecoins sont invisibles pour le commerçant mais avantageux pour l’utilisateur, grâce à des frais de transaction quasi nuls et à une liquidité immédiate.

  • Perspectives : agents IA La convergence des stablecoins et de l’IA est peut-être l’évolution la plus importante sur le plan stratégique. « Intent Dawn » d’Infini et le concept d’« économie des agents » suggèrent que, d’ici 2026/2027, les principaux utilisateurs des stablecoins pourraient être des agents IA plutôt que des humains. Les stablecoins sont la monnaie native des logiciels autonomes ; Infini se positionne comme la couche bancaire de cette économie non humaine.

Recommandation finale

Les parties prenantes doivent se préparer à une année 2026 dominée par des systèmes à deux voies : un écosystème en euros fortement réglementé et mené par les banques, en quête de parts de marché face à un réseau mondial hyper-efficace dominé par le dollar. La réussite dépendra de l’interopérabilité, c’est-à-dire de la capacité à transférer la valeur sans friction entre la couche bancaire réglementée en euros, Qivalis, et la liquidité mondiale de la couche des stablecoins en dollars.

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